Le Tifinaɣ

Les Berbères possèdent une écriture alphabétique (consonantique) qui leur est propre depuis l'Antiquité. Les inscriptions les plus anciennes qui aient pu être datées remontent au VIe siècle avant J.C. Cette écriture est attestée durant toute l'Antiquité, aux époques punique et romaine. Elle est précisément mentionnée par des auteurs latins tardifs du V et VIe siècle après J.C. Sa disparition dans la zone Nord du monde berbère se situerait donc entre ± 600 et ± 700 après J.C.

En revanche, son utilisation a perduré chez les Touaregs qui la dénomment Tifinagh (Tifinaɣ). Chez eux, cette écriture a des fonctions essentiellement ludiques et symboliques ; elle n'a pas servi à fixer la mémoire historique ou la littérature de ce groupe.

Inscription du mausolée d’Atban (texte libyque)
IIe siècle av. J.-C - British Museum

Son usage était également limité durant la période antique (où elle dénommée "écriture libyque" car les Anciens appelaient "Libye" l’ensemble de l’Afrique du Nord) ; elle ne nous est parvenue qu'à travers des inscriptions funéraires et votives. Malgré cette forte limitation de ses fonctions, il s'agit bien d'une véritable "écriture nationale" des Berbères puisqu'on en rencontre des traces dans toute l'aire d'exten-sion de la langue berbère : de la Libye au Maroc, de la Méditerranée au Sahel.

À la fin des années 1960, une association culturelle, l'Académie berbère (AB), se forma à Paris en France, dans le but d'établir un alphabet standard sur la base des tifinaghs touarègues, afin de le faire revivre et de pouvoir transcrire l'ensemble des variantes locales de la langue berbère : Tamazight.

L’écriture tifinagh est un patrimoine culturel propre à l’Afrique du Nord, la seule avec l’amhara, l’écriture éthiopienne, qui soit typiquement africaine ! Comme le sont d’autres écritures pour d’autres peuples, (Chine, Japon, Cambodge, Inde, Japon, Thaïlande Grèce, pays slaves, Israël , et tant d’autres nations...) qui utilisent naturellement leurs propres graphies et arrivent normalement à progresser et à communiquer avec l’ensemble du monde, les Imazighens aussi pourraient employer leur propre écriture tout en restant ouverts sur la modernité, progresser, publier, traduire et communiquer, sans être obligés de choisir exclusivement entre les alphabets arabe et latin.

 


Parution

DICTIONNAIRE Mozabite - Français
DICTIONNAIRE
Mozabite - Français

- 397 Pages -

AǦRAW N YIWALEN Tumẓabt T-tfransist
AǦRAW N YIWALEN
Tumẓabt T-tfransist
J. Delheure

- 346 Pages -